12.05.2012

Pour lutter contre la désindustrialisation

L’industrie romande a besoin de renouveau. Les exemples récents de Novartis, Bobst, Kudelski, Logitech, Merck Serono, Applied Materials, Procter & Gamble, sont là pour le rappeler.

 

Comme l'industrie du solaire, l'industrie éolienne pourrait jouer ce rôle, en faisant barrage à la désindustrialisation rampante qui menace la Suisse, de l'aveu même de notre ministre de l'économie.

 

Le canton de Vaud veut favoriser la production d’énergie éolienne. Il l’a fait savoir en présentant cette semaine sa planification éolienne cantonale: 19 projets sont proposés pour un total de 170 éoliennes. Une ambition bienvenue dans un contexte de sortie du nucléaire et de perte d’emplois dans les industries établies.

 

Aujourd'hui, la Suisse joue malheureusement un rôle marginal dans la production d’éoliennes. Son rôle se limite à la fourniture de quelques composants, livrés par des entreprises comme ABB ou Gurit. La production d’éoliennes est dominée par des entreprises déjà bien  établies en Chine mais aussi en Europe. La Suisse aurait donc pu monter dans le train si nos gouvernants étaient  capables d'avoir une politique industrielle au lieu de se fier uniquement au marché. Tout en déplorant ses conséquences quand surviennent délocalisations et suppressions d'emplois.     

 

Pour inverser la tendance, et «booster» cette industrie, il faut installer des éoliennes «swiss made» dans notre pays. Des éoliennes dont une part importante de la valeur ajoutée liée à leur production est réalisée en Suisse. Cette condition doit devenir un critère d’attribution de tous nos projets éoliens.

 

Cette mesure donnera une impulsion aux entreprises locales, nouvelles ou établies, favorisera l’innovation dans le domaine et le transfert de connaissances des institutions de recherche vers l’économie. Le tout au service d’un projet de société: la production locale d’énergie renouvelable avec l’aide des forces vives de la région.

 

Fabrice Dunand

09.04.2012

Défendre le "swiss made"

Les Suisses n'ont pas à se gêner pour protéger leurs produits. Le libre-échange n'existe pas. Ce monde où le commerce entre compétiteurs se ferait sur un terrain de jeu dépourvu de toute entrave: taxes douanières, normes administratives, labels de qualité, combines étatiques…- est une vue de l'esprit. C'est un concept pour économiste en chambre, ce n'est pas une réalité. Tous les Etats, à commencer par les grandes puissances économiques, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, font tout ce qu'ils peuvent pour protéger et favoriser leurs propres produits.

 

La réputation du savoir-faire helvétique a incité nombre d’entreprises à afficher sur leurs produits la qualité suisse signalée par un «made in Switzerland» ou simplement par une croix suisse. Le jeu en vaut la chandelle. Selon plusieurs études, la référence à la Suisse peut représenter jusqu’à 20% du prix de vente. Une belle somme qui doit servir à maintenir des emplois correctement rémunérés dans notre pays.

 

Malheureusement, les utilisations abusives, aussi bien au niveau national qu’international, se sont multipliées. Dans ce cas, le label suisse sert à vendre des produits qui n’ont rien ou presque rien à voir avec notre pays. Cela porte préjudice à la marque suisse, en ne répondant pas aux attentes des consommateurs et en permettant à certains d'encaisser une plus-value injustifiée.

 

Le projet «Swissness», approuvé par le Conseil national lors de la session de printemps, définit  de manière précise les modalités de l'utilisation du «swiss made». Il permettra de combattre les abus. Cette mesure est un exemple à suivre. Nous devons protéger nos avantages et les défendre face à la concurrence internationale de plus en plus intense. Face à la montée des prix des matières premières, de l’immobilier, de la santé, le maintien de nos emplois et de notre pouvoir d'achat passe par ce genre d’initiative. Dans un avenir proche, il en faudra d'autres!

 

Fabrice Dunand

 

 

 

 

21.02.2012

La classe moyenne est bien en régression

En Suisse et dans le canton de Vaud, la classe moyenne est sous pression. Ses revenus réels diminuent, son pouvoir d'achat s'effiloche. Ceux qui l'affirmaient jusqu'ici étaient considérés comme des affabulateurs. C'est pourtant vrai. Il suffisait pour le savoir d'être à l'écoute de la population et de ses difficultés. Mais c'est désormais officiel. L'Administration fédérale des contributions elle-même le confirme dans une étude qui vient de paraître.

 

En 2002, la classe moyenne qui représente 60% des contribuables générait pour près de 53% du revenu net. En 2008, elle n'en générait plus que 50.4%. Cette érosion s'est faite au bénéfice des plus riches alors que la part des contribuables les plus modestes reste stable. Comme le soulignait le journal Le Temps, ces données ne devraient pas manquer d'intéresser les partis politiques qui prétendent tous venir au secours de la classe moyenne. 

 

Mais il n'y a pas que le revenu net de la classe moyenne qui diminue. Son pouvoir d'achat prend le même chemin depuis plusieurs années. Car les rémunérations de la classe moyenne ne suivent pas le rythme de l'inflation des taxes et prélèvements obligatoires (comme l'assurance maladie) et des biens et des services courants (alimentation, logement, énergie, transports). Il y a certes des biens et des services dont les prix baissent, l'électronique en est un exemple. Mais on n'achète pas un téléviseur ou un ordinateur tous les mois alors qu'on paie régulièrement son loyer, son assurance maladie, ses déplacements professionnels et le reste.

 

La classe moyenne (60% des contribuables!) serait-elle suffisamment nombreuse pour figurer dans les discours électoraux mais pas assez représentée au sein du pouvoir pour qu'on s'en soucie au-delà des élections?

 

Fabrice Dunand

13.02.2012

Il faut sauver Morges et sa région!

Morges et sa région sont bien placées pour le savoir. Le réseau autoroutier, défini il y a 50 ans, est complètement dépassé. Les bouchons quotidiens sur les routes et autoroutes en sont la confirmation. En 2010, 16’000 heures de bouchons ont été mesurées en Suisse. C’est 35% de plus que l’année précédente. Et avec l’augmentation démographique annoncée, en Suisse et dans le canton de Vaud, la situation va encore se détériorer.

 

Les investissements dans les infrastructures routières doivent par conséquent faire partie des priorités. La Confédération va s’attaquer aux goulets d’étranglement en intégrant 376 kilomètres de routes cantonales au réseau de routes nationales. Le contournement de Morges en fait partie. Une bonne nouvelle pour la région, sachant que l’amélioration de la fluidité du trafic entre Morges et Ecublens, suite à la réaffectation de la bande d’arrêt d’urgence, n’est que temporaire.

 

Et cette nouvelle autoroute, elle va passer par où? Et comment? Le projet retenu devra impérativement répondre à deux critères pour satisfaire aux besoins et respecter l'environnement: 1. être enterré, pour éviter les nuisances sonores, et ne pas utiliser du terrain nécessaire à la construction de logement ou à l’agriculture; 2. disposer de suffisamment de voies pour absorber le trafic à venir. Ce projet sera un véritable test pour le district et la collaboration entre les communes au service du bien commun.

 

Fabrice Dunand

30.01.2012

Le commandant de la police a-t-il compris sa mission?

Le citoyen et les entreprises paient des impôts. Ils attendent en retour un certain nombre de prestations de la part de l’Etat. En particulier, la sécurité, au quotidien.  

 

Cette prestation est-elle encore garantie par l’Etat? La ronde des braquages de ces derniers temps permet d'en douter. Maintenant, c’est le commandant de la police cantonale vaudoise lui-même qui nous le dit: «la police n’y arrivera pas toute seule». «Aidez-vous et la police vous aidera». La liste des mesures à mettre en œuvre, à la charge des particuliers, est longue: équiper les commerces de surveillance vidéo, vider les caisses régulièrement, utiliser le paiement par cartes bancaires, etc. Ces coûts additionnels seront-ils déductibles des impôts?

 

La police nous propose aujourd'hui une sécurité à options. La sécurité pour ceux qui paient un supplément, comme une assurance complémentaire. Pour les autres… C'est nouveau, ça vient de sortir: la sécurité à deux vitesses. Ça suffit. C’est d’une sécurité efficace et identique pour tous dont nous avons besoin.  

 

La police et l’Etat doivent endosser leur responsabilité, déterminer les causes des maux actuels et prendre en main un vrai programme d’amélioration de la sécurité dans la durée. Ce n'est ni simple ni facile. Mais ce n’est pas une raison pour renvoyer la patate chaude aux entreprises et aux citoyens.  

 

Le début de l’année s'est révélé très intense avec six vols à main armée dans le canton de Vaud, parmi d'autres peccadilles. Le commandant de la police cantonale a certainement eu un coup de fatigue. Il faut qu'il se reprenne, avec un discours et des actions qui collent à la réalité. A défaut, il lui faudra prendre des vacances. Plus ou moins longues…

 

Fabrice Dunand