17.01.2012

Les braquages seraient-ils de notre faute?

Les cambriolages et les braquages sont en augmentation dans le canton: c’est une réalité. Après une augmentation de 53% cet été, par rapport à l’année dernière, la police constate maintenant, depuis le mois d’octobre, une augmentation des cambriolages commis en fin de journée. Il ne se passe bientôt plus une semaine, voire une journée, sans qu'une poste, une station-service ou un restaurant soit victime d'un braquage.  

 

Avez-vous simulez une présence à votre domicile avec des éclairages? Avez-vous installez un éclairage extérieur automatique avec détecteur de présence? Avez-vous montez une rosace de sécurité sur votre serrure? Voici juste quelques exemples de prévention, que l’on nous distille constamment. A se demander si le coupable n'est pas le citoyen qui ne suit pas les mesures préconisées. Des mesures qui coûtent et vont à l'encontre des économies d’énergie.

 

Dans certains cas, le coupable est identifié avec plus de précision: c’est l’architecte ou l’urbaniste. A la suite de la tentative de braquage de la poste du quartier de la Grosse-Pierre à Morges, survenue le 23 décembre,  la police nous donne sa version: elle «estime que c’est la configuration des lieux qui doit être à l’origine de cette attaque. Isolée, l’entrée de service se trouve en effet de l’autre côté du bâtiment». Et l’agresseur, il est où dans cette histoire?

 

On a affaire à une mauvaise blague. Ces explications ne sont simplement pas tolérables. Ce ne sont pas les portes, avec une ou plusieurs serrures, devant ou à l’arrière du bâtiment, qui sont en cause, mais les délinquants. La police et l’Etat doivent remplir leur mission, à savoir garantir la sécurité des citoyens. Et si l’arsenal juridique à disposition n’est pas suffisant, comme le laisse entendre le commandant de la police cantonale, il faut l’adapter. Un objectif à atteindre pour la prochaine législature.

 

Fabrice Dunand

01.01.2012

SUPRA, c'est pas super pour les assurés

Bonne année! Tous mes vœux! Pour les assurés de la caisse maladie Supra, 2012 commence mal. Début décembre, les titulaires d’une assurance complémentaire ont été informés d’une diminution des prestations, combinée à une augmentation de la prime mensuelle.

 

Cette diminution de prestations est liée à une modification unilatérale des conditions générales d’assurance. D’un libre choix de l’hôpital, on passe à une liste d’hôpitaux et de cliniques définie par Supra. Sommes-nous en face d’un management visionnaire ou d’une entourloupe?

 

Au début des années 2000, Supra était déjà au bord du gouffre. La caisse avait dû augmenter ses primes en catastrophe en cours d’année, le 1er juillet 2002, pour faire face à ses difficultés. Dans la foulée, Supra proposait de nouvelles couvertures d’assurance à ses assurés, en diminuant de manière peu transparente les prestations.

 

Dix ans plus tard, la situation n’a pas changé. Supra annonce que ses produits d’hospitalisation sont déficitaires. La raison invoquée est «la difficulté à couvrir les coûts à charge de ces assurances complémentaires d’hospitalisation par les primes réside notamment dans le fait que celles-ci sont calculées en fonction de l’âge d’entrée et non de l’âge réel». En résumé, le message est le suivant: si vous êtes un client fidèle, vous coutez trop cher!

 

En dix ans, le management de Supra n’a pas été en mesure de redresser la situation.  Et cette gestion calamiteuse a été validée par la FINMA, l’autorité dite de surveillance des marchés financiers. Elle surveille quoi au juste? Et la concurrence? Elle ne fonctionne tout simplement pas dans le domaine des assurances complémentaires. Avec l’âge, le changement d'assurance complémentaire est concrètement impossible.

 

Dans un secteur où la concurrence n’existe pas et face à une décision autoritaire et sans options de la caisse maladie, il ne reste plus qu'à contacter l’ombudsman de l'assurance-maladie. Ah! au fait, ses services sont débordés.

 

Fabrice Dunand

 

19.12.2011

Halte au gaspillage des deniers publics

Depuis de nombreuses années, des dos-d’âne sont installés à grands frais sur les routes du canton. Les autorités communales et cantonales utilisent ces éléments pour modérer le trafic routier. A un point tel qu’aujourd’hui les routes vaudoises ne permettent plus aux bus de circuler normalement.

 

Le district de Nyon fait actuellement cet amer constat. Fin 2012, de nouveaux trains RegioExpress circuleront entre Lausanne et Genève toutes les demi-heures. Pour être en phase avec cette nouvelle cadence, le Conseil régional du district souhaite améliorer la desserte des bus vers les gares de Coppet, Nyon et Gland. Parmi les mesures nécessaires pour améliorer le réseau (26 millions de francs au total), il faudra notamment modifier quarante «gendarmes couchés» pour permettre aux bus de les franchir plus aisément!

 

Comme dit la chanson, faire et défaire, c'est toujours travailler. Mais ce jeu-là coûte cher aux contribuables. Le canton a pris du retard en matière d’infrastructures dans différents domaines qu’il doit maintenant combler. Pour y faire face, il faut investir. L’argent dépensé pour atténuer l'effet des gendarmes couchés aurait pu servir, par exemple, au développement de l’accueil de la petite enfance.

 

L’accueil pré- et parascolaire est encore fortement insuffisant dans le canton. La croissance démographique et l'évolution des structures familiales vont rendre ces structures encore plus nécessaires dans la durée.

 

Fabrice Dunand

06.12.2011

Les paysans suisses ont le droit de vivre!

Redéfinir la politique énergétique de la Suisse, en sortant du nucléaire et en étant moins dépendant des énergies fossiles, c’est une volonté du Conseil Fédéral. Une autre volonté affichée est d’inciter les agriculteurs à avoir une activité d’appoint pour compenser le recul de leur pouvoir d'achat.  

 

La coopérative Eco Energie Etoy, qui regroupe mille agriculteurs vaudois, genevois, fribourgeois et neuchâtelois, répond à ces deux volontés: elle produit du biodiesel, plus écologique que le carburant tiré du pétrole, et permet à ses membres de diversifier leurs revenus. Une entreprise pionnière, créée il y a dix-sept ans, qui a devancé, à l’échelon local, une vision fédérale.

 

A partir de janvier 2012, la coopérative devra s’acquitter d’une taxe inutile de 80 centimes par litre, suite à la révision, en 2008, de la loi sur l’imposition des huiles minérales. Cette taxe sonne malheureusement le glas de la structure existante. La société, juste à l’équilibre jusqu’ici, devra vraisemblablement fermer. Aberrant!

 

Les prix des produits agricoles sont sous pression dans notre pays. Ne compliquons pas encore la tâche des paysans, en introduisant des taxes supplémentaires lorsqu’ils s’organisent pour diversifier leurs revenus. Au lieu d'édicter des lois qui tuent l'entreprenariat, il faut maintenant démontrer que les ambitions fédérales ne sont pas des volontés de façade.

 

Fabrice Dunand

28.11.2011

Le retard de nos infrastructures

La population du canton de Vaud augmente plus fortement que dans le reste de la Suisse. Entre 2000 et 2010, la population vaudoise a fait un bond de 15%, alors que la moyenne nationale se situe à 9%. Malheureusement cette évolution ne s’est pas traduite par une amélioration significative des infrastructures. En dehors de quelques réalisations, souvent lausanno-lausannoise, le bilan est pauvre.

 

Ces prochaines années, une adaptation des infrastructures et de l’aménagement du territoire aux objectifs de développement économique sera nécessaire pour rétablir l'équilibre. Les pôles de développement, créateurs d’emplois, devront être desservis par une offre de transports publics attractive, être accessibles par des routes au trafic fluide et disposer, à proximité, de suffisamment de logements. Aujourd’hui ces objectifs ne sont pas atteints.

 

Deux exemples dans le district de Morges. Littoral Parc, situé en partie sur la commune d’Etoy, s’est fortement développé ces dernières années, avec l’implantation de nouvelles entreprises. Il y aura bientôt plus de places de travail à Etoy que d’habitants. Les projets de construction dans le village d’Etoy sont pourtant bloqués par le canton. Incompréhensible: l'habitat à proximité de l’emploi, c’est bon pour les infrastructures, pour la protection de l'environnement, pour la qualité de vie.

 

Même district, autre exemple. Un pôle logistique a été installé sur les communes d’Aclens-Vufflens, où se sont installées des entreprises comme la Coop ou Galliker. Ces activités fortement génératrices en trafic de camions sont situées dans une zone aux infrastructures routières et de transports publics inadaptées. Au point que le développement de ce pôle est bloqué depuis 2009, en attendant la réalisation ou non d’un raccordement du pôle à la jonction autoroutière de Cossonay.

 

Une meilleure planification est désormais indispensable. Les infrastructures doivent être réalisées avant l’implantation d’entreprises et l’installation du chaos sur les routes.

 

Fabrice Dunand